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Dino Scala, le "violeur de la Sambre", guidé par ses pulsions

Publié le 11/03/2018

Dino Scala, 57 ans, a été mis en examen mercredi pour 19 "viols et agressions sexuelles" entre 1988 et 2012. En garde à vue, il a parlé d'une quarantaine de faits. Pendant 30 ans, les enquêteurs ne connaissaient de lui que son portrait-robot et son ADN. Mais l'homme, inconnu au fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), n'avait jamais été formellement identifié. Les policiers l'avaient surnommé le "violeur de la Sambre".

 

Cette affaire hors normes est restée un mystère pendant 30 ans. Le dossier est passé entre les mains de nombreux enquêteurs. De nombreuses surveillances ont été réalisées, des centaines de vérifications effectuées et de l'ADN prélevé sur une centaine de suspects, sans jamais "matcher". C'était devenu une enquête au long cours pour la Police judiciaire (PJ) de Lille depuis l'ouverture d'une information judiciaire il y a 22 ans.

 

Jusqu'à ce matin du 5 février où le "violeur de la Sambre" a commis une erreur. De l'autre côté de la frontière, à Erquelinnes, en Belgique, une adolescente de 16 ans sur le chemin du collège est victime d'un attentat à la pudeur. Un élément de vidéosurveillance déterminant, fait basculer l'enquête. Les policiers disposent désormais d'un véhicule, une Peugeot 206 grise, et d'une partie de plaque d'immatriculation. 

 

Les enquêteurs remontent jusqu'à Dino Scala. Ce père de famille de 57 ans est connu à Pont-sur-Sambre où il est très impliqué localement. Il a notamment été entraîneur et président du club de foot pendant plusieurs années. Mais l'homme, au casier judiciaire vierge, n'a jamais attiré l'attention. "C'est vraiment 'monsieur tout le monde'", a expliqué son avocat Jean-Benoît Moreau, évoquant "quelqu'un de très ouvert".

 

En garde à vue, le suspect a évoqué des "pulsions" qu'il ne "parvenait pas à contrôler". A chaque fois, le même mode opératoire : il aborde ses victimes de dos, les menaçant parfois d'une arme blanche. Il utilise des gants et apparaît le visage tout ou partie masqué. Surtout, il passe à l'acte toujours très tôt le matin, l'hiver, profitant de l'obscurité.

 

Dino Scala est mis en examen pour 19 agressions. Mais il évalue lui-même le nombre de ses victimes à une quarantaine. Les femmes agressées ont entre 13 et 50 ans. La PJ a depuis entrepris de recontacter toutes les victimes. Le "violeur de la Sambre" doit être entendu pour la première fois sur le fond courant mars par un juge d'instruction de Valenciennes.